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Cancer de la prostate : une radiothérapie plus courte, désormais une option standard

Le 27 octobre 2026, ASTRO a actualisé sa recommandation sur la radiothérapie du cancer localisé de la prostate : un traitement en 4 à 6 semaines, ou en 5 séances pour certains patients, avec une efficacité comparable à la radiothérapie classique.

Dr Najib Abakka

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Chirurgien Urologue à Rabat

Cancer de la prostate : la radiothérapie peut désormais être délivrée en moins de séances

Illustration : pour le cancer localisé de la prostate, la radiothérapie raccourcie donne des résultats comparables à la radiothérapie classique.

Une recommandation actualisée, fondée sur des preuves solides

Le 27 octobre 2026, l'American Society for Radiation Oncology (ASTRO), la société américaine de radiothérapie, a publié une mise à jour de sa recommandation sur la radiothérapie du cancer localisé de la prostate. Elle paraît dans la revue Practical Radiation Oncology et remplace la recommandation de 2018, devenue trop prudente face aux nouvelles données.

Elle a été élaborée avec la société américaine d'oncologie clinique (ASCO), l'Association américaine d'urologie (AUA), la société européenne de radiothérapie (ESTRO) et la Society of Urologic Oncology (SUO), et elle est entérinée par l'AUA, l'ESTRO et la SUO. Pour la radiothérapie à dose modérée, elle s'appuie sur des essais randomisés regroupant plus de 7 000 patients, avec un suivi à long terme.

Deux formats plus courts, selon le patient

La radiothérapie dite hypofractionnée délivre une dose un peu plus forte à chaque séance, ce qui permet de réduire le nombre de séances sans changer l'effet global du traitement. La forme modérée s'étale en général sur 4 à 6 semaines, avec des schémas de 6 000 à 6 200 cGy en 20 fractions ou de 7 000 cGy en 28 fractions.

La forme ultrahypofractionnée, le plus souvent délivrée par radiothérapie stéréotaxique (SBRT), se concentre en 5 séances sur une à deux semaines, avec une dose de 3 625 à 4 000 cGy en 5 fractions. En revanche, les schémas de moins de 5 séances ne sont pas recommandés en dehors d'un essai clinique.

Pour qui ces traitements plus courts sont-ils recommandés ?

La radiothérapie modérément hypofractionnée est recommandée plutôt que la radiothérapie classique pour tous les groupes de risque, chez les patients qui choisissent une radiothérapie externe de la prostate, avec ou sans les vésicules séminales, quel que soit leur âge, leurs autres maladies, leur anatomie ou leur fonction urinaire de départ.

La radiothérapie en 5 séances devient une option standard pour les patients à faible risque qui refusent la surveillance active et choisissent la radiothérapie, ainsi que pour les patients à risque intermédiaire. Pour les cancers à haut ou très haut risque, elle est recommandée de façon conditionnelle, c'est-à-dire comme une option à discuter au cas par cas.

Deux nuances comptent : chez les patients qui ont déjà des symptômes urinaires importants, la forme modérée est préférée à la forme en 5 séances, car les fortes doses par séance peuvent aggraver les effets urinaires. Et pour traiter les ganglions du pelvis en 5 séances, la recommandation ne le prévoit que dans le cadre d'un essai clinique.

Pourquoi cela change la vie des patients

Un traitement plus court, c'est moins de déplacements, moins d'absences au travail et moins de fatigue liée à l'organisation des soins, sans perdre en efficacité. La recommandation souligne d'ailleurs que l'accès à ces traitements courts doit être équitable, car leur usage varie encore selon l'âge, le lieu de soin et la situation sociale.

La précision du traitement fait partie de la recommandation : planification guidée par l'IRM quand c'est pertinent, gestion quotidienne des mouvements de la prostate et radiothérapie avec modulation d'intensité. Le choix d'un espaceur rectal, un dispositif qui éloigne le rectum de la prostate, se discute aussi avec le patient.

Enfin, la décision d'ajouter ou non une hormonothérapie se prend indépendamment du nombre de séances : elle dépend du risque du cancer, pas du schéma de radiothérapie choisi.

Ce que cela ne change pas

Cette recommandation concerne le cancer localisé de la prostate traité par radiothérapie externe. Elle ne décide rien à elle seule : la chirurgie, la surveillance active et la radiothérapie restent des options dont le choix dépend du cancer, des symptômes, des autres maladies et des priorités du patient, en décision partagée avec ses médecins.

Si vous êtes concerné par un cancer localisé de la prostate, n'hésitez pas à demander si un schéma raccourci est envisageable dans votre cas, dans quel centre, et quel suivi urinaire serait prévu.

Cet article a un but d'information ; il ne remplace pas l'avis de votre médecin.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

La radiothérapie plus courte est-elle aussi efficace que la radiothérapie classique ?

Oui, selon les essais randomisés regroupant plus de 7 000 patients cités par la recommandation : à long terme, le contrôle du cancer, les effets secondaires et la qualité de vie sont comparables entre la radiothérapie modérément hypofractionnée et la radiothérapie classique.

Les 5 séances conviennent-elles à tout le monde ?

Non. Elles sont une option standard pour les cancers à faible risque (quand la surveillance active est refusée) et à risque intermédiaire, et une option conditionnelle pour les hauts risques. En cas de symptômes urinaires importants, la forme modérée sur 4 à 6 semaines est préférée.

Faut-il toujours une hormonothérapie en plus de la radiothérapie ?

Pas systématiquement. La décision se prend indépendamment du nombre de séances, selon le risque du cancer et la situation du patient, en discussion avec l'urologue, le radiothérapeute et l'oncologue.

Pourquoi ne m'a-t-on pas proposé un traitement court auparavant ?

La recommandation précédente datait de 2018, quand les preuves étaient moins mûres. Les essais menés depuis ont consolidé les résultats, et la mise en œuvre dépend aussi de l'équipement et de l'organisation de chaque centre.

Cette recommandation s'applique-t-elle à mon cas ?

C'est une recommandation internationale, à adapter à chaque dossier et au plateau technique disponible. Seule une évaluation avec votre urologue et votre radiothérapeute peut dire si un schéma raccourci est envisageable pour vous.

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